dimanche 12 octobre 2025

Nouvelle génération : une promesse qui peine à se réaliser bien malgré elle.

  


  
Ce n'est pas une découverte transcendante : l'éducation et la scolarisation de la nouvelle génération est à repenser. Les jeunes ont beaucoup de mal à s'adapter aux schémas traditionnels, aux structures en place depuis des siècles et qui deviennent obsolètes. Une réalité dérangeante pour ceux qui ne ressentent pas ce besoin de changement.
Ce qu'on appelait à tort "inadaptation sociale et/ou scolaire" vécue par une petite minorité à l'époque touche désormais beaucoup plus de monde.. Le niveau général est en baisse certes, mais est-ce si grave que cela ? Est-ce que les difficultés à apprendre par cœur un cours et à orthographier correctement doivent définir les capacités d'un être dans sa contribution à la société ?
  On est au début des années 2000 et le lycée est devenu pour moi un enfer au quotidien. Pas d'un point de vue social, non, mais parce que les cours deviennent dénués d'intérêts et je comprends ce qui m'attends une fois adulte. Cet esprit de compétition, ce besoin de reconnaissance sociale, cette nécessité de construire une vie stable et sécurisée; c'est une réalité que je constate et dont je ne veux pas. J'ai besoin de mieux me connaitre et je suis terrorisée par cette société qui nous transforme en survivaliste. Il me faudrait certaines armes que je ne possède pas encore : rigueur, envie de réussir, rapidité d'exécution, concentration... Accepter un rythme identique jour après jour, des horaires fixes, des tâches répétitives et qui finiront forcément par devenir ennuyantes me fait horreur. Je culpabilise d'être ainsi. Suis-je feignante ? Non car j'ai enchainé les petits boulots une fois la bac en poche. Alors pourquoi suis-je incapable d'accepter les contraintes que les autres semblent surmonter sans problème. Je me sens seule et nulle. Certains font des études parfois interminables et ils aiment ça. Comment ont-ils su que telle ou telle profession allait leur plaire ? Moi, je suis devenue allergique aux cours en classe et j'ai donc renoncé aux études. Pourtant, j'avais de très bons résultats. En plus, ce qui me passionne à cette jeune époque est particulier : le milieu artistique et la spiritualité. Mon projet de vie immédiat à 18 ans : un travail alimentaire et me payer des cours de danse et de chant. C'est décousu mais personne ne s'est opposé à ça (malheureusement). La suite n'a pas vraiment d'intérêt concernant la thématique abordée. Ce que je peux dire c'est que j'ai appris les professions que j'ai exercées directement sur le terrain. J'ai découvert de nouveaux centres d'intérêts au fil du temps et suivi des formations en conséquence. Quant à la vie, elle s'est chargée de l'essentiel : toutes ces choses qu'on n'apprend pas sur les bancs de l'école.
  Génération après génération, la recherche d'individuation et de liberté se précise. L'affirmation de soi est incontournable désormais alors qu'il y a soixante ans en arrière, on réfléchissait beaucoup moins à ce que l'on voulait et aimait réellement.
  La jeune génération actuelle s'écoute donc davantage. Quand je dis jeune, j'englobe beaucoup de monde en réalité, mais je dois rester focus sur les moins de vingt ans. Les jeunes se posent de vraies questions, ont besoin que les choses soient justes, envisagent la vie et la société sous un autre angle. Ils sont en quête de liberté, de cohérence et cherchent moins à entrer dans une norme pré-établie. Evidemment, l'adolescence et les codes sociaux sont toujours problématiques mais cela fait parti de la construction d'un individu.
Cependant, avec la grande force de caractère qui les caractérise, ils se relèvent plus facilement et rapidement de cette période. On peut dire qu'ils sont dans une forme de souveraineté individuelle, de façon prématurée, là où les anciennes générations ne savent pas toujours ce que cela veut vraiment dire.
Si quelque chose n'a pas de sens, d'intérêt alors ils s'en détournent. C'est l'intelligence du coeur qui est valorisée dans cette écoute de soi et elle est indispensable pour construire une société avec des valeurs plus saines. La problématique étant le juste milieu à trouver entre affirmation de soi et adaptation aux règles de la vie en société qu'il faut respecter malgré tout. Une forme de discipline, de structure et une réelle volonté d'agir sont nécessaires pour que les graines prometteuses offrent des plantes qui poussent droit.
Le tempérament passif constaté chez les jeunes est désolant. Ils ont l'illusion que tout est facile et ne sont pas vraiment amis avec la notion "effort". Il y a une tendance à être principalement dans la consommation plutôt que dans l'action. Acheter pour combler le vide intérieur, une névrose pour adulte normalement. Quant au monde actuel bien compliqué à comprendre, difficile d'avoir envie de s'y frotter... Bref, rien n'est fait pour leur faciliter les choses et le potentiel inné reste engourdi.
On dirait une prophétie : la jeunesse prometteuse qui vient bousculer le système hiérarchisé bien ficelé. Une solution : éteindre la menace en l'endormissant à coups de téléphone greffé à la main, d'influençeurs, de réseaux sociaux,  ect...
Bienvenue aux problèmes de concentration, aux pertes de repères, aux nuits écourtées, à la démotivation et à une santé fragilisée.
Faut-il parler d'une défaite ? Oui et non. Je reste optimiste et évoquerais davantage une bombe à retardement. Une fois confrontés à la vie réelle et après une étape d'adaptation plus ou moins facile, on peut s'attendre à ce que le potentiel de la nouvelle génération se manifeste pleinement.
Cela a pris beaucoup de temps pour que je trouve ma place et sois dans une forme de complétude. Mais je suis certaine que ce sera plus rapide pour eux.
Un peu de patience, de confiance et d'empathie serait une attitude saine à adopter. Malheureusement, ce qu'ils suscitent majoritairement chez les plus âgés est de l'exaspération accompagnée de l'étiquette "dysfonctionnel".
Soyons conscients qu'ils n'ont pas grandi dans la même réalité que les plus anciens et qu'ils portent sur leurs épaules bien malgré eux, beaucoup d'attentes et de peurs quant à l'avenir.
N'oublions pas qu'eux aussi ont traversé la période covid et cela, avec un prisme différent dont ils sont ressortis abîmés. N'oublions pas...

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